Comme nous vous l’avons déjà dit, Arou nous semble un endroit magique et très isolé, niché entre de gros rochers et constamment entouré par une mer déchaînée. Nous aimons quitter la plage d’Arou très tôt le matin en empruntant la petite promenade en bois en direction de Praia de Lobeiras.
Peu après avoir dépassé le groupe de maisons d’Arou, le Camiño dos Faros tourne à droite pour continuer sur un sentier côtier longeant le Crique de Xan Ferreiro.
Là, sur les hauts-fonds de Xan Ferreiro, à cause d’un épais brouillard et d’une panne de gouvernail, le vapeur français Nil, commandé par le capitaine Huarsch, s’échoua le 10 octobre 1927. Les dommages à la coque étaient irréparables, et la mer la déchira peu à peu. Les 19 membres d’équipage furent secourus et les riches marchands à bord furent pris en charge sur le Camelle.
Ce n’aurait été qu’un navire de plus avec une longue histoire si le Nil ne transportait pas une cargaison aussi précieuse : voitures, machines, tissus, soies de Damas, produits pharmaceutiques, animaux, champagne français… un véritable supermarché flottant en ces années difficiles.
Le capitaine resta à bord jusqu’à la remise du navire à la compagnie d’assurance, mais la cargaison fut dispersée tout le long de la côte et le pillage fut immédiat. De nombreuses anecdotes subsistent encore aujourd’hui. Comme celle de l’homme qui transportait un sac avec un policier à l’intérieur, ou celle du champagne utilisé par les gardes pour faire du café à bord, faute d’eau. Le Nil transportait également du lait concentré, et certains voisins décidèrent de repeindre leurs maisons… Imaginez la suite ! Voici les paroles du groupe de carnaval de 1928, Piratas do Nil, de Ponte do Porto.
Le tronçon le long de cette crique de Xan Ferreiro se termine au belvédère, d’où l’on a une vue privilégiée sur tout Arou depuis Punta Percebeira.